Maison Pérenne, l’upcycling premium

Rencontre avec Zineb Ismaili, fondatrice du label marocain qui réconcilie upcycling et savoir-faire.

Plusieurs années après son émergence, l’upcycling peine encore parfois à convaincre : quid de la qualité ? D’une production stable et maitrisée ? Propriétaire de la plus grande boutique vintage du Maroc, l’entrepreneuse Zineb Ismaili met fin à ce qu’elle considère comme un faux débat. Avec sa marque Maison Pérenne, elle mêle pièces uniques et petites séries dans une démarche réellement vertueuse, en phase avec les enjeux sociaux et économiques des artisans marocains.

Preuve que ça fonctionne : la marque est déjà distribuée dans plusieurs hôtels de luxe et dans les meilleurs concept stores locaux (33 rue Majorelle, Dress Up ou Bee on 6th), et a inauguré sa première boutique française, à Uzès.


Comment avez-vous évolué du vintage vers l’upcycling ?


En cherchant des vêtements vintage chez mes fournisseurs, j’ai souvent trouvé des nappes brodées ou de jolis rideaux, qui m’inspiraient mais que je ne pouvais pas revendre en l’état. Mon associée et moi avons donc décidé de créer une marque pour leur offrir une nouvelle vie : Maison Pérenne ! 


Comment s’articulent vos collections ?


On récupère les vêtements, les nappes et les rideaux dans des usines de tri, puis on les upcycle en pièces uniques. On ne sélectionne que de belles matières naturelles mais aussi des deadstocks de tissus, ce qui nous permet de fabriquer certaines pièces en série. 

En quoi Who’s Next représente un tremplin pour une marque comme la vôtre ?


Être là nous permet d’être proche du marché et de mieux comprendre les points d’accroche des différentes zones : qui préfère le denim, la broderie ou le cachemire. Notre première session, en septembre, nous a apporté de belles commandes, notamment chez Brand Bazar. 


Comment valoriser l’upcycling au sein d’un marché qui lui est encore parfois réticent ? 


Certains acheteurs ont l’habitude de commander en 200 exemplaires des produits choisis sur catalogue. C’est parfois difficile de leur faire entendre qu’avec l’upcycling, deux pièces ne seront jamais exactement les mêmes. Chez Maison Pérenne on est très flexibles : les clients peuvent nous donner des guidelines de couleurs, de coupes ou de broderies, pour une commande quasi sur mesure.  


Le deuxième enjeu, c’est la qualité. Nos pièces sont fabriquées à Fès, la capitale de l’artisanat marocain, par des artisans spécialisés chacun dans leur domaine : la couture, le cuir, la broderie… Les clients sont très surpris par la qualité et les finitions : enfin de l’upcycling bien fait !

L’enjeu est donc d’éduquer les acheteurs à ces nouvelles pratiques ?


Oui, et d’assumer la flexibilité d’un nouveau modèle. On travaille autant que possible avec des gens dans le besoin, via des coopératives. Ça permet aux brodeuses de travailler chez elles lorsqu’elles ont des enfants à charge, ou aux couturières de travailler pour d’autres marques et de générer des compléments de revenus. 


C’est important pour nous de mettre en place un système vertueux qui s’inscrit au-delà de la pratique même de l’upcycling. Le fait qu’on soit distribués dans des points de vente premium prouve que ça fonctionne et que ce n’est que le début !

WSN

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