Fondée par Anaïs, la marque explore la dualité entre fragilité et force à travers des créations de bijoux à la fois délicates et puissantes. Ancrée dans le projet de fin d’études d’Anaïs à Barcelone, Petite A transforme la matière liquéfiée en pièces artistiques et pouvant être portée, façonnant des pièces qui traduisent la force de la lumière, du mouvement et de l’émotion à travers des matériaux uniques.
D’un concept académique à une réalité artisanale
Petite A est née comme une expérience académique, une réponse introspective au monde en mutation que nous traversions tous pendant la pandémie de 2020. « J’étudiais le design à Barcelone quand le confinement est tombé », se souvient Anaïs. « Tout est devenu digital, mais j’avais besoin de travailler avec mes mains. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à chercher des matières tangibles pour exprimer ma vision créative. »
Elle commence par expérimenter la céramique, mais sans véritable connexion. Puis, un de ses professeurs lui fait découvrir l’art du verre et ses propriétés — non pas comme artisan, mais comme designer.
« J’ai réalisé que je voulais fusionner artisanat et design à travers mon propre processus et ma propre interprétation », explique-t-elle.
En quête de mentorat, Anaïs se tourne vers un maître verrier à Barcelone. « J’ai suivi un stage intensif de deux jours et je ne suis jamais repartie. Je suis restée dans son atelier, à créer mes propres pièces tout en perfectionnant mon apprentissage du verre. »
Ce qui n’était au départ qu’un portfolio sur Instagram autour d’un projet universitaire s’est vite transformé en une véritable marque de bijoux. « Pour mon mémoire, j’ai créé une collection entièrement en verre, directement inspirée de ce qu’on vivait pendant la pandémie », se rappelle-t-elle. « À partir de là, Petite A est devenue quelque chose de concret, avec un réel potentiel d’expression dans le paysage créatif global. »
Le verre et la flamme : la force de la fragilité
Au cœur de Petite A, se trouve ce paradoxe entre fragilité et résilience. « Le verre est vu comme fragile, délicat, facilement cassable », explique Anaïs. « Et à ce moment-là, je dois avouer que moi aussi, je me sentais un peu brisée. » Mais travailler avec le feu a transformé cette perception. « Faire fondre et re-façonner le verre est devenu une manière de me re-façonner moi-même. C’est un processus de transformation — solide, liquide, puis solide à nouveau, mais plus fort et plus défini. »
Le feu, par son intensité brute, devient une métaphore de l’empowerment. « C’est assez hypnotique », admet-elle. « Le feu exige une présence totale. Il y a quelque chose de profondément puissant dans le fait de prendre une matière délicate, de l’exposer à une chaleur extrême et d’en faire quelque chose de durable et de fort à travers un processus de fragilisation de la matière. »
Transparence, reflets et mouvements sont au cœur de ses créations. « Le verre capture la lumière comme aucun autre matériau. Il y réside une véritable capacité à projeter une certaine magie à quiconque prend le temps de vraiment le regarder. Je ne crée jamais avec une image figée en tête — je travaille avec la matière et je la laisse me guider tout au long du processus créatif. »
L’évolution du récit créatif de Petite A
Avec le temps, Petite A a fait évoluer sa direction artistique. « La première fois qu’on a exposé sur Premiere Classe, tout était nouveau », se souvient Anaïs. « Cette année, notre message est plus clair, plus défini. On sait mieux comment les gens perçoivent la marque et ce qu’on veut transmettre aux visiteurs du salon. »
La dualité dans le travail d’Anaïs — douceur et force, liquide et solide — reste centrale. « Au début, j’étais très consciente de ce contraste entre feu et fragilité », confie-t-elle. « Aujourd’hui, après quatre ans à travailler le verre, c’est devenu instinctif. Ça fait partie de moi. »
Ses créations, allant de la bijouterie à l’artisanat de la verrerie, ont aussi gagné en fluidité, tout en s’inspirant davantage des formes naturelles qui entourent l’humain. « Je m’inspire beaucoup de l’eau — sa manière de bouger, de changer d’état », dit-elle. « Mon but est de figer cette fluidité dans quelque chose de tangible, de conserver ce sentiment de mouvement même une fois la matière solidifiée. »
Une nouvelle expérience au sein de Premiere Classe
Cette édition mars 2025 de Premiere Classe a marqué un tournant pour Petite A. « On a noué des relations plus solides avec les acheteurs et les clients qui reviennent », note Anaïs. « L’an dernier, c’était la découverte. Cette fois, les gens nous reconnaissent. Ils se souviennent de la marque et reviennent vers nous. »
L’agencement du salon a aussi joué un rôle clé dans l’expérience. « Cette fois-ci, tout était plus structuré, plus réfléchi. Chaque stand avait de la visibilité. L’an dernier, pour l’édition spéciale au Carrousel du Louvres lors de J.O, c’était plus morcelé, mais là il y avait une vraie fluidité qui permettait aux visiteurs d’avoir une vision d’ensemble de chaque exposant. »
Anaïs souligne également l’évolution stratégique de cette édition, plus ciblée commercialement. « L’an dernier, on a eu un flux énorme de visiteurs, mais cette année, l’intérêt était plus réfléchi. Les gens posaient de vraies questions. Il y avait plus de curiosité, plus d’intention dans l’approche des pièces exposées. »
Un changement majeur, selon elle, a été la perception des acheteurs face au bijou en verre : « L’an dernier, certains hésitaient, car ils ne savaient pas comment le vendre — c’est différent du bijou traditionnel. Mais aujourd’hui, ils comprennent que tout repose sur l’unicité et la résistance à un usage régulier. Ils perçoivent mieux la durabilité de nos pièces, tout en valorisant le storytelling et l’intention derrière chaque création. »
Pourquoi Paris, pourquoi Premiere Classe ?
Paris s’est toujours imposée comme un choix naturel, une vraie vitrine pour Petite A. « Dès le départ, j’imaginais mes créations dans des petites boutiques pointues qui valorisent l’artisanat et le détail », confie Anaïs. « Et il faut avouer que Paris en regorge. »
L’attractivité internationale de la ville joue aussi un rôle clé. « On a remarqué que nos designs en verre et perles résonnaient beaucoup auprès des acheteurs asiatiques — notamment en Chine, en Corée du Sud et au Japon. Ils apprécient l’art et la technicité derrière les pièces qu’on expose. »
Pour Anaïs, Premiere Classe reste une plateforme essentielle. « Ce n’est pas qu’une question de visibilité — c’est la manière dont ils soutiennent les marques émergentes. Ils ne nous donnent pas juste un stand ; ils nous accompagnent, nous aident et nous offrent des opportunités pour nous exprimer en tant que créatifs, pas seulement comme vendeurs. »
La curation du salon fait toute la différence. « Ce n’est pas juste avoir un emplacement, c’est être placé dans un environnement qui respecte et valorise notre identité créative », insiste-t-elle. « C’est unique et c’est ce qu’on valorise le plus sur Premiere Classe. »
Un message de clarté et d’intention pour l’avenir de la marque…
Et la suite pour Petite A ? « Notre vision est plus claire que jamais », affirme Anaïs. « Cette année, on a affiné notre message et la réaction des acheteurs le prouve. » Son objectif : continuer à creuser l’identité de la marque tout en restant fidèle à ses origines. « On évolue en permanence, mais l’essence de Petite A — la fragilité, la transformation et la puissance — restera toujours au cœur de nos prochaines collections. »
Alors que la marque s’installe peu à peu sur la scène internationale, Anaïs reste attachée à l’âme de son travail : « Créer quelque chose de délicat mais solide, capturer un moment éphémère dans une forme intemporelle. » À travers chaque nouvelle collection, Petite A continue de redéfinir la frontière entre artisanat, émotion et art dans l’univers du bijou — en fondant des fragments de verre dans une ligne narrative continue, gravée dans notre époque et nos valeurs, en tant que créateurs comme en tant que consommateurs.