Rencontre avec Elizabeth Price, directrice générale de la Museum Stores Association

En visite sur Shoppe Object Paris, Elizabeth Price partage son regard sur les enjeux actuels des boutiques de musées, la place des objets dans la transmission culturelle et l’importance croissante des échanges internationaux.

À la tête de la Museum Store Association, une association américaine à but non lucratif, Elizabeth Price accompagne au quotidien les boutiques de musées dans le développement de leur activité commerciale. Présente parmi une grande diversité d’acheteurs lors de cette première édition parisienne, elle apporte un point de vue singulier : celui des boutiques de musées, où les objets sont pensés comme des prolongements de la visite et du contenu culturel. Ce voyage à Paris représentait aussi l’occasion de découvrir de nouvelles marques et d’élargir sa vision du marché international.

Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’un objet trouve sa place dans une boutique de musée ?


Quand on découvre de nouvelles marques, on cherche avant tout des partenaires qui comprennent le fonctionnement des institutions culturelles et savent s’adapter à leurs modalités d’achat. Les objets doivent avoir du sens et de la profondeur, et dialoguer avec les collections et les expositions. Ce qui compte, ce n’est pas seulement le produit, mais aussi la capacité des marques à collaborer avec de grandes institutions et à comprendre leurs processus et leurs contraintes.


La collaboration, la personnalisation et la création de pièces uniques sont importantes pour nous. On accorde aussi beaucoup d’attention aux produits durables, aux artistes issus de parcours diversifiés et aux démarches de commerce équitable. Mais avant tout, les objets doivent soutenir la mission culturelle du musée. Comme la majorité de nos institutions sont à but non lucratif, c’est un point essentiel.

Quels sont aujourd’hui les principaux défis des boutiques de musées ?


Aujourd’hui, l’un des plus grands défis, c’est l’incertitude liée aux droits de douane et aux conditions d’importation. Les coûts et les délais peuvent changer du jour au lendemain, ce qui crée beaucoup de tension, en particulier pour les produits personnalisés. Quand on ne sait pas à quoi s’attendre à l’arrivée d’un produit, ni à quel prix il sera facturé, les décisions d’achat deviennent beaucoup plus complexes.

Connaissiez-vous déjà Shoppe Object à New York ?


Shoppe Object est devenu assez naturellement un partenaire pour nous, quelques années seulement après sa création. On s’est rapidement rendu compte que beaucoup de nos membres, lorsqu’ils venaient à New York pour d’autres rendez-vous, prenaient le temps de s’y arrêter. À mesure que le salon grandissait, il prenait de plus en plus d’importance au sein de notre réseau, autant pour les institutions que pour les marques. Shoppe Object accorde une grande attention à la curation, avec des marques de très haute qualité et des propositions uniques qui correspondent naturellement aux attentes des boutiques de musées. 

Que pensez-vous de l’arrivée de Shoppe Object à Paris ?


L’arrivée de Shoppe Object à Paris est une excellente nouvelle. Elle apporte une nouvelle énergie et bouscule la scène, ce qui est très stimulant. Plus il y a de marques et de propositions, plus l’écosystème s’enrichit, et plus nos institutions peuvent découvrir de nouveaux talents. Paris est aussi un contexte très propice à Shoppe Object, notamment à un moment où il se passe beaucoup de choses autour du design et des cadeaux. C’est une suite logique qui renforce les échanges entre les scènes créatives internationales et permet aussi aux salons de travailler ensemble.

Pourquoi la dimension internationale est-elle importante pour les boutiques de musées ?


La dimension internationale est essentielle, avant tout parce que l’on pense aux visiteurs. L’expérience du musée est étroitement liée à l’éducation, et de nombreuses expositions sont consacrées à des lieux ou à des cultures spécifiques, souvent situés en dehors des États-Unis. Proposer en boutique des objets liés à ces cultures permet aux visiteurs de voir, de toucher et d’emporter une part de ce qu’ils ont découvert, et de prolonger l’expérience du musée bien au-delà de la visite.